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Emilie Aubert

Népal, août 2011 - août 2012
Emilie Aubert

Emilie Aubert

  • Employée à la DDC, depuis 2015
  • Coordinatrice PBI pour le plaidoyer à Genève, 2013-2015
  • Master en Etudes de développement
  • Master en Relations internationales

Après son retour

Mon expérience de 14 mois avec PBI Népal fut des plus enrichissantes et variées. Je quitte maintenant ce merveilleux pays le cœur et l’esprit pleins de magnifiques souvenirs des moments passés tant avec mes collègues qu’avec les défenseurs et défenseuses des droits de l’homme. J’ai l’impression aujourd’hui de quitter une seconde famille et j’espère pouvoir tous les revoir bientôt.

Au terme de cette expérience, je suis extrêmement satisfaite du soutien que nous avons pu offrir aux défenseurs des droits de l’homme népalais, mais je reste frustrée de par le fait que l’environnement politique ne leur soit pas plus favorable : Entre les barrières mises aux organisations internationales, l’influence que la Chine et l’Inde gagnent sur le gouvernement et l’impasse politique dans lequel se trouve actuellement le pays, il ne me semble pas que la situation des droits de l’homme soit prête de s’améliorer de manière significative. J’ai néanmoins confiance dans le travail de tous les activistes que j’ai eu la chance de rencontrer pendant mon contrat et je reste persuadée que même si cela est à petite échelle, leur travail a un impact crucial sur la vie de nombreuses personnes dans leurs régions.

A mon retour en Suisse, il est évident que je continuerai de suivre la situation de près et, qui sait, peut-être un jour aurais-je à nouveau l’opportunité de travailler dans ce magnifique pays…


Lettre d'Emilie Aubert (mi-contrat)

Au Népal depuis août 2011, mon expérience chez PBI a été des plus variées entre voyages de terrain dans le Teraï, rencontres officielles à Katmandu, rédactions d'articles, organisation de « speaking tour » et accompagnements d'activistes à des audiences. Chaque semaine de travail voit ses nouvelles tâches arriver et nous n'avons pas le temps de nous ennuyer !

A peine avais-je rejoint l'équipe de volontaires basés à Katmandu que j'ai été envoyée en visite de terrain dans le district de Dhanusha. Nous y avons des contacts réguliers avec des organisations locales de femmes défenseuses des droits de l'homme pour qui nous avions organisé des formations en début d'année. Comme elles sont nombreuses à être intimidées et menacées dans leur travail, nous nous rendons sur place tous les trois mois afin de suivre leur situation. Cela m'a donc permis de pouvoir rencontrer ces femmes impressionnantes qui font de leur vie quotidienne un combat perpétuel contre le paternalisme traditionnel encore prévalant dans la plupart des régions du Népal.

Peu après cela, PBI Népal a reçu des fonds spéciaux pour organiser des voyages exploratoires dans deux districts problématiques du Teraï de l'Est, Siraha et Saptari, mais aussi afin d'y organiser des formations sur la sécurité, ainsi que des tables rondes avec les autorités locales et les organisations de défense des droits de l'homme. Je suis donc partie pour cinq semaines entre décembre et janvier afin de créer des premiers contacts avec des organisations que nous n'avions jamais rencontrées auparavant. Qu'elles luttent contre les discriminations contre les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, contre les violences domestiques, contre l'impunité ou pour la liberté de la presse, toutes ces personnes rencontrent des problèmes liés à leur combat pour le respect des droits humains, quels qu'ils soient. L'interférence politique et la corruption sont des problèmes répandus dans tout le pays, mais le Teraï souffre également d'autres problèmes liés à sa situation proche de la frontière ouverte avec l'Inde. Les groupes armés y sont nombreux et leurs extorsions de fonds et autres kidnappings font toujours trembler la population. Ces voyages ont dont permis à PBI Népal de mieux connaître cette région où les organisations internationales sont peu présentes et de nouer de nouveaux contacts avec des activistes locaux.

J'ai eu également l'opportunité de participer au travail originel de PBI lorsque j'ai accompagné Tika Ram Pokharel, unique avocat du Centre pour les Victimes de la Torture au Népal (CVICT) lors d'une audience mettant en cause deux officiers de police accusés d'avoir torturé un enfant de 11 ans suspecté d'avoir volé un bijou à ses voisins. Le garçon avait, en effet, d'abord été emprisonné avant de se faire fouetter la plante des pieds et de prendre des électrochocs sur le crâne destinés à lui faire avouer son crime. Ce cas était hautement sensible car c'était la première fois que la loi sur l'enfant était invoquée pour un cas de torture, ce qui était susceptible d'envoyer les tortionnaires en prison et faire office de jurisprudence. En effet, la torture contre un adulte n'est pas criminalisée en tant que telle au Népal, puisque le tortionnaire ne risque rien. La victime ne peut prétendre qu'à une compensation versée par l'Etat. Personne n'a donc jamais été emprisonné au Népal pour avoir torturé quelqu'un.

Après avoir accompagné à diverses reprises M. Pokharel au tribunal, celui‐ci nous a dit qu'il se sentait plus en sécurité du fait que les tortionnaires n'osaient plus l'approcher et que le personnel du tribunal le traitait avec plus de respect. Lors de l'audience finale, l'exercice de la torture a été reconnu, mais malheureusement les tortionnaires n'ont été condamnés à payer que l'équivalent de 20 CHF en guise d'amende, sans même voir leurs postes d'officiers de police remis en cause. Les parents de la victime et M. Pokharel ont décidé de faire appel et PBI continuera à les soutenir dans leurs démarches.

Après neuf mois sur le terrain, j'ai donc eu l'opportunité de me familiariser avec toutes les facettes du travail de PBI et ne regrette donc pas un seul instant mon engagement. Si notre impact n'est pas directement mesurable, nous savons de la bouche de nos partenaires que notre soutien leur est précieux, même si celui‐ci n'est souvent que moral.


Avant son départ pour le Népal

Voilà trois ans que je m’intéresse au travail de Peace Brigades International. Après avoir écrit mon mémoire sur l’accompagnement international au Mexique, je me réjouis de pouvoir mettre ces principes théoriques - auxquels je crois fermement - en pratique au Népal. Je m’envolerai donc en juin prochain, d’abord pour l’Inde où je suivrai des cours de Népali à Darjeeling, tout en habitant dans une famille, puis, au Népal, où j’intégrerai l’équipe de PBI à Katmandou à la fin août.

Suite au conflit armé, les problèmes d’impunité persistant au Népal empêchent encore le pays d’avancer concrètement en direction d’une paix durable. Il me semble donc crucial de soutenir les efforts des organisations locales pour obtenir davantage de justice et de protection des droits humains. Je suis très fière de pouvoir participer à ces efforts, même si je me rends bien compte que ma contribution en tant que volontaire pour une année reste modeste.

facing PEACE - April 2014
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