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PBI à la 44ème session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies

Bertita Caceres UN Human Rights Council
EG

Les trois semaines de session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ont pris fin le 17 juillet. Lors de plusieurs interventions, PBI a souligné les problèmes actuels majeurs dans les pays des projets, à savoir le Honduras, le Mexique et la Colombie.

Absence de séparation des pouvoirs au Honduras

L'organisation Asociación de Jueces por la Democracia (AJD) parle d'une séparation des pouvoirs de plus en plus faible. Cette situation est particulièrement ressentie par les groupes défavorisés de la population hondurienne et les défenseurs∙euses des droits humains (DDH). Ces derniers∙ères accèdent plus difficilement à la justice, leurs affaires étant souvent négligées.

La pandémie du Covid-19 aggrave encore la situation de manque de protection. Les appels à des audiences virtuelles respectant les droits et les garanties des personnes accusées ont été ignorés. En réponse au rapport du Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats, PBI et l'ISHR (International Service for Human Rights) appellent le gouvernement à mettre en place le mécanisme spécialisé pour la protection des employé∙e∙s de justice mentionné dans la loi sur la protection des DDH, des journalistes et des employé∙e∙s de justice. La loi sur le mécanisme a été adoptée il y a déjà cinq ans et serait centrale à l'heure actuelle.

Mexique : la migration ne prend pas de pause pendant la pandémie

La militarisation et la fermeture des frontières n'empêchent pas les migrations, et ne font qu'entraîner l'utilisation de routes plus dangereuses. Cela se reflète dans les chiffres : au cours du premier trimestre de l'année 2020, les demandes d'asile au Mexique ont augmenté de 33%. Les ressources des foyers pour migrant∙e∙s se font rares, ce qui les repoussent vers leurs frontières. Le rapport du Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des migrants a clairement montré que les défenseurs∙euses des droits des personnes migrantes sont systématiquement menacés et qu'elles bénéficient d’une protection insuffisante. 

Dans leur intervention, PBI et Franciscans International soulignent que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies devrait exhorter les gouvernements mexicain et américain à mettre fin aux expulsions, à rechercher des alternatives à la détention ainsi qu’à protéger les migrant∙e∙s et les demandeurs∙euses d’asile.

Les femmes journalistes du Honduras, de la Colombie et du Mexique menacées du fait de leur travail

L'Association pour la démocratie et les droits humains au Honduras (ASOPODEHU) a enregistré au moins cinq attaques contre des femmes journalistes en 2020, qui sont restées impunies jusqu'à présent. La police nationale continue d'être l'un des agresseurs principaux de ce groupe. En plus des agressions physiques, les femmes journalistes sont victimes de harcèlement sexuel, de cyberattaques, de campagnes de diffamation et de menaces. Dans certains cas, non seulement elles-mêmes deviennent victimes, mais leurs familles aussi.

En Colombie, les révélations répétées (par le magazine Semana, entre autres) concernant les activités illégales menées par les services secrets de l'armée colombienne contre les DDH et les journalistes sont extrêmement préoccupantes. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a souligné dans une déclaration que des journalistes et des DDH crédibles sont essentiels à la lutte contre la pandémie. Ces derniers∙ières peuvent contrecarrer la diffusion de fausses informations et contribuer à améliorer les mesures de lutte contre le Covid-19.

En juin, le Consorcio Oaxaca, une organisation soutenue par PBI, a reçu une menace de mort en rapport avec l'enquête sur le meurtre d'une jeune journaliste. Le Rapporteur spécial sur la liberté d'opinion et d'expression a souligné le haut niveau d'impunité des attaques contre les journalistes au Mexique. Ainsi, l'obstruction et la mise en danger des journalistes dans leur travail non seulement violent leurs droits, mais rendent également plus difficile le traitement médiatique du Covid-19.

Les communautés agricoles sans protection au Honduras

Le rapport du groupe de travail sur les entreprises et les droits humains a présenté le compte rendu de sa visite au Honduras, dans lequel il a souligné l'impact négatif des activités économiques sur les droits humains. Dans une déclaration commune sur le sujet, présentée par Bertita Cáceres, PBI, le COPINH et l'ISHR ont dénoncé l'impunité des responsables du meurtre de Berta Cáceres ainsi que la criminalisation et l'absence de défense des DDH des droits fonciers et environnementaux. En raison des restrictions à la sortie, les ONG ne sont actuellement pas en mesure de fournir des services d'accompagnement physique sur le terrain. D'autre part, et ce malgré les restrictions liées au Covid-19, de nombreuses entreprises reçoivent les permis nécessaires pour poursuivre leurs projets ; les communautés affectées ne sont cependant pas consultées.

Le groupe d'ONG insiste sur la nécessité de créer les conditions appropriées pour que l'État de droit prévale et que des instruments contraignants soient mis en place afin d’obliger les entreprises à respecter les droits humains tant au niveau national qu'international.

Interventions de PBI et de ses partenaires

Liens vers les différentes sessions