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HRC61: Situations par pays et priorités thématiques

HRC61: Contexte par pays
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La 61e session du Conseil des droits de l’homme abordera, entre autres, la situation des droits humains en Colombie, au Honduras, au Guatemala et au Nicaragua, ainsi que des thématiques centrales telles que la protection des personnes défenseuses des droits humains, l’environnement, le droit à l’alimentation et le droit à un logement convenable - des enjeux particulièrement pertinents pour le travail de PBI.

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Colombie

Contexte des droits humains en Colombie

La Colombie arrive à la 61e session du Conseil des droits de l’homme dans un contexte de détérioration continue de la situation humanitaire et sécuritaire, marqué par la reconfiguration du conflit armé, l’expansion des groupes armés illégaux et la proximité des processus électoraux. Selon ACLED, la Colombie figure parmi les 15 conflits armés les plus intenses au monde. En 2025, 78 massacres ont été enregistrés, faisant 256 victimes, et à la mi-janvier 2026, 5 massacres supplémentaires avaient déjà été signalés. En février 2025, la Defensoría del Pueblo a identifié au moins 11 foyers critiques d’urgence humanitaire, avec la présence d’acteurs armés illégaux sur 73 % du territoire national. Parmi ces zones figurent plusieurs territoires où PBI est présent·e, notamment le Chocó, l’Antioquia, le Putumayo, le Magdalena Medio, le Cauca et le Pacifique vallecaucano (Buenaventura et zones rurales avoisinantes).

Près de dix ans après la signature de l’Accord de paix de 2016, sa mise en œuvre demeure incomplète et inégale. Concernant la politique de « Paix totale », des espaces de dialogue importants ont été ouverts avec différents acteurs armés. Toutefois, de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire persistent, notamment en ce qui concerne le recrutement d’enfants et d’adolescent·es. Les jeunes des communautés ethniques et paysannes sont particulièrement exposé·es.

La Defensoría del Pueblo a recensé 177 assassinats de personnes défenseuses des droits humains en 2025, les secteurs communautaires, autochtones et locaux étant les plus touchés. Entre janvier et juin 2025, le Programme Somos Defensores a également documenté 342 agressions, incluant menaces, déplacements forcés, attentats et disparitions forcées.

À cela s’ajoute un contrôle social et territorial exercé par des structures armées, souvent dans des territoires riches en biodiversité et en ressources naturelles, convoités à la fois par des groupes armés illégaux et par des entreprises nationales et transnationales. De graves dénonciations persistent concernant la cooptation et l’infiltration des communautés et des formes d’autogouvernance propres aux peuples ethniques, permettant la légalisation du pillage des terres et des ressources.

Dans ce contexte, il est urgent d’avancer dans la reconnaissance et le renforcement des mesures collectives d’(auto)protection mises en place par des organisations, collectifs et communautés.

Des avancées importantes sont néanmoins à signaler, telles que l’adoption de la Loi des femmes chercheuses (2024) et de son décret d’application (janvier 2026), l’approbation de la Politique publique de démantèlement des structures armées (2025), ainsi que des progrès dans la restitution des terres. Toutefois, des défis majeurs subsistent quant à la mise en œuvre effective de ces mesures, notamment en raison de difficultés d’articulation, en particulier au niveau local. Dans de nombreuses zones rurales, les communautés et processus organisationnels continuent de dénoncer l’absence de l’État.

La Colombie au Conseil des droits de l’homme

Lors de cette session, le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme présentera son rapport annuel, détaillant ses activités en 2025 ainsi que la situation des droits humains en Colombie. Cette présentation sera suivie d’un débat général au cours duquel les États et la société civile pourront intervenir.

Événement parallèle sur la Colombie

En coopération avec la Comisión Colombiana de Juristas (CCJ) et la Oficina Internacional de los Derechos Humanos Acción Colombia (OIHDACO), PBI organisera un événement parallèle aux Nations Unies consacré à l’impact de l’augmentation de la violence territoriale en Colombie durant la période électorale, affectant particulièrement les personnes défenseuses des droits humains, les leaderships sociaux et les communautés.

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Guatemala

Contexte des droits humains au Guatemala

Le Guatemala arrive à la 61e session du Conseil des droits de l’homme dans un contexte de fragilité démocratique structurelle. Le gouvernement de Bernardo Arévalo tente de restaurer l’institutionnalité, mais des réseaux de pouvoir continuent de contrôler des secteurs clés, en particulier le système judiciaire. La situation s’est aggravée en raison de violences et de troubles au sein du système pénitentiaire, ayant conduit à des états d’exception et perçus comme des tentatives d’influence sur les élections judiciaires prévues en 2026.

La crise de l’indépendance judiciaire constitue un axe central de préoccupation. Des mécanismes internationaux - OACNUDH, CIDH y CERD - ont documenté l’utilisation d’un système pénal coopté pour poursuivre des opérateur·trices de justice indépendant·es, des journalistes, des personnes défenseuses des droits humains et des autorités autochtones. Des poursuites pénales infondées, l’abus de la détention préventive et un climat d’intimidation entravent la participation aux processus de sélection des hautes autorités judiciaires et menacent l’État de droit.

Les personnes défenseuses des droits humains, en particulier les défenseurs·euses des territoires et de l’environnement, continuent de faire face à une dégradation constante de leur situation : attaques, menaces, criminalisation et assassinats sont en augmentation. Des autorités ancestrales ont été emprisonnées ou contraintes à l’exil pour avoir défendu la Constitution, leurs droits collectifs et leurs territoires à la suite de la crise postélectorale de 2023.

Ce contexte est aggravé par la mise en œuvre de projets extractifs et par des expulsions forcées menées sans consultation préalable, en contradiction avec la Constitution, la Convention 169 de l’OIT et des décisions judiciaires.

Le Guatemala au Conseil des droits de l’homme

Lors de cette session, le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme présentera son rapport annuel sur ses activités en 2025 et sur la situation des droits humains au Guatemala. Cette présentation sera suivie d’un débat général permettant aux États et à la société civile de prendre la parole.

En juillet 2025, le Rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable, Balakrishnan Rajagopal, a effectué une visite officielle au Guatemala et présentera son rapport lors de cette session. À l’issue de sa mission, il a alerté sur l’usage systématique des expulsions forcées, affectant de manière disproportionnée les communautés autochtones et rurales. Il a exhorté l’État guatémaltèque à établir un moratoire sur les expulsions tant que des garanties juridiques effectives, des processus de consultation adéquats et des mécanismes de protection des droits humains ne seront pas assurés.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a également exprimé sa préoccupation face aux expulsions forcées et a appelé l’État à adopter des mesures effectives pour protéger les peuples autochtones, notamment par l’instauration d’un moratoire jusqu’à la reconnaissance, la régularisation et la titrisation collective de leurs terres et ressources.

Événement parallèle sur le Guatemala

PBI, en coopération avec ISHR, PICI, Jotay et Franciscans International, organisera un événement parallèle intitulé : « Retos y recomendaciones para garantizar el derecho a la vivienda adecuada », le 5 mars à 14h au Palais des Nations.

Cet événement réunira notamment le Rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable ainsi que Sandra Calel, représentante de la Unión Verapacense de Organizaciones Campesinas, et sera modéré par Yannick Wild de PBI.

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Tournée de plaidoyer à Genève

Dans ce cadre, PBI accueillera à Genève Sandra Calel, défenseuse des droits humains et représentante de la Unión Verapacense de Organizaciones Campesinas.

Sa présence permettra de visibiliser la situation des communautés paysannes et des défenseurs·euses des droits liés à la terre et au logement. Elle participera à l’événement parallèle aux Nations Unies ainsi qu’à un événement public organisé à Genève.

Honduras

Contexte des droits humains au Honduras

Le Honduras présente des avancées très limitées depuis le dernier Examen périodique universel et maintient des problématiques structurelles non résolues qui affectent de manière disproportionnée les personnes défenseuses des droits humains, en particulier les femmes, les peuples autochtones, les jeunes, les collectifs LGBTI+ et les communautés rurales.

Le Mécanisme national de protection (MNP), créé par le gouvernement, demeure inaccessible, inefficace et insuffisamment indépendant. Après les assassinats de Berta Cáceres et de Juan López, les meurtres de défenseurs·euses de l’environnement se poursuivent ; en 2024, sur un total de 319 victimes enregistrées par l’OACNUDH, 47 % étaient des personnes défenseuses de la terre et de l’environnement, faisant face à des menaces provenant d’autorités étatiques, d’élites économiques, d’entreprises extractives ou du crime organisé.

Les femmes défenseuses, en particulier autochtones, font face à des risques aggravés dans un contexte marqué par le machisme ; le Honduras présente l’un des taux de féminicide les plus élevés au monde, avec une femme assassinée toutes les 24 heures. La corruption systémique, la captation institutionnelle et la fragilité du système judiciaire compromettent l’accès à la justice, alimentent l’impunité et dissuadent les dénonciations. Les restrictions de l’espace civique ciblent les acteur·trices qui remettent en cause des intérêts économiques ou politiques ; le modèle de développement extractiviste et agro-industriel continue d’être mis en œuvre sans consultation préalable ni participation réelle, entraînant poursuites pénales, stigmatisation et violences contre celles et ceux qui défendent leur territoire.

Le récent rapport sur l’assassinat de la défenseuse Berta Cáceres, publié par le Grupo Interdisciplinario de Expertos Independientes (GIEI), confirme une nouvelle fois l’urgence d’aborder les causes structurelles qui perpétuent la conflictualité territoriale au Honduras, ainsi que la nécessité d’examiner la responsabilité des entreprises et des banques internationales de développement dans les attaques contre les personnes défenseuses.

Le Honduras au Conseil des droits de l’homme

Lors de cette session du Conseil, le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme présentera son rapport annuel, détaillant ses activités en 2025 ainsi que la situation des droits humains au Honduras. Cette présentation sera suivie d’un débat général au cours duquel les États et la société civile pourront s’exprimer.

Dans le cadre du HRC61, l’adoption de l’Examen périodique universel concernant le Honduras est prévue. Le Honduras doit encore décider s’il adopte ou « prend note » de 243 recommandations portant notamment sur la protection effective des personnes défenseuses, la lutte contre l’impunité par des enquêtes indépendantes, le renforcement de l’indépendance institutionnelle, la garantie d’élections crédibles, la lutte contre les violences de genre et la résolution des conflits territoriaux et environnementaux conformément aux standards internationaux, entre autres.

Nicaragua

Contexte des droits humains au Nicaragua

L’autoritarisme préoccupant du gouvernement Ortega-Murillo a érodé l’État de droit, supprimant l’indépendance judiciaire et légalisant la structure répressive à travers la réforme constitutionnelle (2024/2025). Les libertés fondamentales, civiles et politiques sont restreintes et des arrestations arbitraires sans garanties procédurales visent des dissident·es, journalistes et défenseurs·euses des droits humains.

L’État du Nicaragua mène une politique délibérée visant à faire taire la dissidence à l’intérieur comme à l’extérieur du pays et à consolider un pouvoir absolu par la violence. Le nombre croissant de disparitions forcées est profondément préoccupant, comme l’a récemment dénoncé le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées. Le Groupe d’experts des Nations Unies sur les droits humains au Nicaragua (GHREN) a documenté des disparitions forcées et des menaces de mort, ainsi que des expulsions de personnes critiques, des privations de nationalité, et dénonce le nombre élevé de violations transnationales des droits humains commises contre des personnes en exil, comme dans le cas de l’ assassinat de l’activiste et opposant Roberto Samcam au Costa Rica. Certaines violations documentées constituent, « prima facie », des crimes contre l’humanité. Tout cela sans oublier la situation de grande vulnérabilité et les menaces à l’intégrité des peuples autochtones et afrodescendants contraints de se déplacer au Costa Rica.

Les expert·es ont également signalé le retrait sans précédent du Nicaragua de cinq agences clés des Nations Unies ainsi que du Conseil des droits de l’homme, dans le cadre d’une stratégie visant à éviter tout contrôle international et à consolider l’impunité.

Concernant la société civile, le Grupo de Reflexión de Excarcelados políticos a élaboré un rapport sur la persécution et la stigmatisation subies, après leur libération, par les personnes ayant été détenues pour des motifs politiques.

La Coordinadora Universitaria por la Democracia y la Justicia, dans son rapport couvrant la période 2018-2024, a documenté la répression et la persécution d’étudiant·es et d’enseignant·es ; la fermeture d’universités pour des motifs politiques ; la privation de documents académiques pour des étudiant·es contraint·es d’abandonner leurs études ; ainsi que le non-respect de l’autonomie universitaire.

La Colectiva Feminista Las Malcriadas, en coalition avec le Movimiento Autónomo de Mujeres, dénonce dans son dernier rapport le manque de volonté de l’État pour lutter contre les violences machistes, responsables de 341 féminicides et de plus de 20 000 cas de violences sexuelles sur la période 2020-2024.

Le Nicaragua au Conseil des droits de l’homme

Fin octobre 2025, le GHREN a appelé la communauté internationale à demander des comptes au gouvernement du Nicaragua pour de graves violations des droits humains et des crimes internationaux, en présentant pour la première fois ses conclusions devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

Dans le cadre de son mandat pour la promotion et la protection des droits humains au Nicaragua, le Conseil a renouvelé le mandat du Groupe d’experts des Nations Unies sur ce pays, qui présentera son rapport exhaustif (A/HRC/61/56) durant le HRC61. Le 16 mars aura lieu le dialogue interactif avec les États, expert·es et observateur·rices. L’évolution des recommandations précédemment adressées au gouvernement du Nicaragua sera examinée.

Événement parallèle

Le 18 mars 2026 à 15h aura lieu l’événement parallèle « Nicaragua: Impacto de las detenciones arbitrarias y las desapariciones forzadas en los derechos humanos ». Seront examinés les schémas récents de détentions arbitraires pour motifs politiques, y compris les disparitions forcées, les violations des garanties procédurales et les régimes de libération restrictifs, ainsi que leurs impacts différenciés sur les groupes en situation de vulnérabilité et les familles des personnes détenues, dans le contexte de la crise des droits humains en cours depuis 2018. Cet événement est convoqué par le Colectivo 46/2, un réseau international de plaidoyer pour les droits humains au Nicaragua, dont PBI fait partie.

Il comprendra les témoignages de deux personnes victimes de privation arbitraire de liberté pour des motifs politiques. Interviendront également trois représentant·es de la société civile : Iniciativa Mesoamericana de Defensoras (IM-D), Unidad de Defensa Jurídica (UDJ) et le Colectivo Nicaragua Nunca Mas. Leur analyse sera enrichie par la contribution d’une personne experte du GHREN, qui apportera une perspective fondée sur les conclusions du mandat.

Kenya

Contexte des droits humains au Kenya

Le paysage politique et civique du Kenya se caractérise par une préoccupation persistante de la population concernant la reddition de comptes, la réponse de l’État à la dissidence et la réduction de l’espace civique. Des injustices non résolues — notamment des assassinats, des disparitions forcées et des allégations d’impunité systémique — continuent de miner la confiance de la population dans les institutions publiques. En 2025, la dynamique de la société civile a de nouveau été fortement marquée par une mobilisation citoyenne menée par la jeunesse. Malgré les assurances des autorités selon lesquelles les rassemblements se dérouleraient pacifiquement, des rapports indiquent que les manifestations en 2025 ont été dispersées par l’usage de gaz lacrymogènes et de munitions réelles, ainsi que par l’intrusion de groupes violents supposément engagés pour provoquer le chaos et la violence. Comme en 2024, ces manifestations ont fait des morts et des blessé·es. Des personnes impliquées dans les mobilisations ont été arrêtées arbitrairement pendant et après les événements. Ces mesures ont donné lieu à des recours juridiques et à un débat public sur la liberté d’expression, l’indépendance des médias et le droit de réunion pacifique.

Le Kenya au Conseil des droits de l’homme

Le Kenya a obtenu un siège au Conseil des droits de l’homme pour la période 2025-2027, malgré les critiques internationales concernant les violations des droits humains commises dans le pays en 2024, dont la majorité reste impunie. En août 2025, la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs·euses des droits humains, conjointement avec les procédures spéciales sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi que sur la détention arbitraire, a adressé une communication au gouvernement kényan exprimant ses préoccupations concernant des mesures sévères contre les médias, des détentions arbitraires de personnes défenseuses, la déportation d’une personne défenseuse, des attaques contre une organisation de droits humains et l’usage excessif de la force.

Rapporteuse spéciale sur les personnes défenseuses des droits humains

Rapport thématique

La Rapporteuse spéciale sur la situation des personnes défenseuses des droits humains, Mary Lawlor, a publié son rapport thématique Defensa de la dignidad y reivindicación de derechos: los defensores de los derechos humanos se reafirman en los valores universales mientras otros les dan la espalda. Dans ce rapport, elle décrit une crise profonde du système international des droits humains et, en particulier, de la situation de celles et ceux qui les défendent, le système international de protection traversant lui aussi une crise structurelle, avec des mécanismes lents et limités. Le recul démocratique, la répression croissante et le manque d’engagement des États envers le droit international ont réduit l’espace civique, dans un contexte où, en 2024, au moins 625 assassinats ou disparitions de défenseurs·euses et de journalistes ont été recensés, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré.

La crise est aggravée par d’importantes réductions de financements en 2024 et 2025, qui ont affaibli les dispositifs de protection, le soutien psychosocial, l’assistance juridique et les capacités de monitoring des organisations ; 77 % des défenseurs·euses déclarent en avoir été affecté·es. Par ailleurs, de nombreux États restreignent l’accès aux ressources et criminalisent la coopération internationale. Bien que les normes internationales relatives aux droits humains demeurent une référence morale et juridique pour les défenseurs·euses, leur crédibilité est de plus en plus remise en question face aux réponses inégales de la communauté internationale aux crises graves et à l’absence de mise en œuvre effective.

La Rapporteuse spéciale appelle à renforcer de manière urgente le système de protection des personnes qui défendent les droits humains. Ses recommandations visent à ce que les États respectent pleinement le droit international, garantissent un financement durable et mettent fin aux lois ou pratiques qui criminalisent la société civile. Elle souligne également la nécessité de renforcer les mécanismes internationaux, de les rendre plus accessibles, rapides et efficaces, et d’améliorer leur coordination avec les réseaux locaux de protection.

Renouvellement du mandat

Le Conseil des droits de l’homme examinera lors de cette session le renouvellement du mandat de la procédure spéciale sur les personnes défenseuses. En 2023, les membres du Conseil avaient adopté le renouvellement du mandat par consensus avec la résolution HRC/RES/52/4.

Par ailleurs, une nouvelle titulaire du mandat sera élue pour succéder à Mary Lawlor. Le groupe consultatif a recommandé trois candidatures, en premier lieu celle de la politologue colombienne Andrea Bolaños Vargas. Elle a été consultante principale pour différentes agences et équipes pays des Nations Unies, telles qu’ONU Femmes et le Bureau du Coordonnateur résident au Panama et au Guatemala, et a accompagné des organisations de la société civile en Amérique latine dans leur plaidoyer auprès des organes conventionnels des Nations Unies et dans le cadre de l’Examen périodique universel. Elle a notamment travaillé avec le Movimiento de Mujeres Guatemaltecas T’zununij’a sur le développement d’indicateurs pour le suivi des recommandations de la CEDAW et de l’EPU (2018).

Les autres candidat·es sont Onesmo Olengurumwa, coordinateur national fondateur et secrétaire du conseil d’administration de la Tanzania Human Rights Defenders Coalition (THRDC) en République-Unie de Tanzanie, et Sarah Leah Whitson, directrice exécutive de DAWN aux États-Unis d’Amérique.

Réduction des espaces de plaidoyer à l’ONU à Genève

Une large coalition internationale d’organisations de défense des droits humains a adressé une lettre à toutes les Missions permanentes auprès de l’ONU à Genève afin de demander que la participation hybride soit garantie lors des consultations informelles du Conseil des droits de l’homme en 2026. Les ONG dénoncent le fait qu’après les avancées réalisées durant la pandémie — avec des interventions en ligne ayant élargi l’accès à la société civile et aux défenseurs·euses du Sud global — des barrières ont été réintroduites depuis 2024, telles que la facturation de l’utilisation de WebEx lors des négociations, la réduction des fonds de voyage et des obstacles accrus en matière de visas. Elles alertent sur le fait que ces mesures limitent gravement la participation des organisations disposant de moins de ressources et demandent aux États de garantir l’accès à distance aux négociations et de ne pas utiliser la crise financière de l’ONU comme prétexte pour restreindre l’espace de la société civile.

 

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