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Colombie : Visite du Rapporteur spécial de l’ONU, Michel Forst, à la communauté de paix de San José de Apartadó

Colombie : Visite du Rapporteur spécial de l’ONU, Michel Forst, à la communauté de paix de San José de Apartadó
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Le 26 novembre dernier, le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits humains (DDH), Michel Forst, a rendu visite à la communauté de paix de San José de Apartadó. Les membres de cette communauté ont alors pu parler de leur relation avec l’État et le système judiciaire colombiens ainsi que de leur engagement à mener une résistance neutre et non-violente.

La visite du Rapporteur spécial sur la situation des DDH, Michel Forst, revêtait une importance particulière pour les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó. Le message délivré par ces derniers était clair « Nous demandons que les menaces contre nos vies stoppent et qu’il y ait des garanties formelles à cela ! ».

Ce message ne pourrait être plus urgent après que l’arrestation du représentant légal de la communauté, Germán Graciano Posso, a été ordonnée par un tribunal local quelques jours plus tard. Germán Graciano Posso avait osé dénoncer, au niveau national et international, la présence de groupes paramilitaires sur le territoire de la communauté ainsi que l’absence d’enquête et de mesures de protection de l’État colombien. Ce nouveau mandat d’arrêt ne fait que renforcer la tendance de menaces grandissantes envers les DDH. Grâce à une pression internationale accrue sur les autorités et aux travaux d'accompagnement de PBI, le mandat d'arrêt a, finalement, été retiré le 7 décembre 2018.

Aux lendemains de la célébration des 20 ans de l’adoption de la Déclaration sur la protection des DDH, le Rapporteur spécial Michel Forst promet que « les membres de la communauté assassinés ne seront pas oubliés ». Cette visite lui permettra de rédiger un rapport qui comprendra la situation des DDH en Colombie ainsi que des recommandations à l’encontre de l’État colombien pour que les DDH, notamment les membres de la communauté de San José de Apartadó, puissent continuer leur travail dans un environnement où leur sécurité est garantie.

Une communauté née dans un climat de terreur politique

La Communauté de paix de San José de Apartadó, qui compte plus de 1000 membres, a été fondée en 1997 pour protéger les civils se trouvant au milieu de conflits armés opposant les FARC, les forces de l’État et les paramilitaires. Les membres de la communauté se sont alors engagés à respecter le principe de neutralité du droit international humanitaire, soit à ne prendre part à aucun conflit armé et empêcher les groupes armés d’entrer sur leur territoire.

Cependant, du fait de la présence d’un grand nombre d’intérêts économiques sur leur territoire, de nombreux membres de la communauté ont été menacés et tués au fil des ans. Un terrible massacre a d’ailleurs eu lieu en 2005 au cours duquel 8 personnes, parmi lesquelles de jeunes enfants et le leader de la communauté Luis Eduardo Guerra, ont été assassinées par l’action conjointe de paramilitaires et de soldats. Afin de justifier ces crimes, les autorités colombiennes n'ont pas hésité à faire passer les membres de la communauté pour des guerilleros. Les auteurs des divers crimes et menaces à leur encontre sont donc restés impunis.

Pour le Père Javier Giraldo, qui a accompagné la communauté depuis sa fondation, celle-ci « a été victime d’une véritable stratégie d’extinction ayant causé plus de 1000 violations des droits humains fondamentaux de ses membres, dont plus de 300 assassinats ».

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