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Guatemala : lutte politique autour des droits des personnes LGBTI

Guatemala : lutte politique pour les droits des personnes LGBTI
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En 2019, au moins 30 meurtres de membres de la communauté LGBTI ont été enregistrés au Guatemala. Les différentes attaques sont marquées par la haine et montrent à quel point les personnes LGBTI au Guatemala sont quotidiennement confrontées à l'hostilité et au danger. Actuellement, une initiative qui vise à totalement criminaliser la communauté LGBTI est en cours de discussion au Congrès.

Au Guatemala, les personnes LGBTI n'ont jamais eu beaucoup de droits. Par exemple, elles ne bénéficient pas d'une protection de base par le biais d'une loi anti-discrimination. Elles se voient également refuser les partenariats enregistrés ou le mariage. En réponse à la reconnaissance du mariage homosexuel au Canada, l'initiative guatémaltèque 5272 "Loi pour la protection de la vie et de la famille" a vu le jour. Cette disposition interdit de fournir quelconque information sur la diversité sexuelle et de genre dans les centres de formation. Par ailleurs, le mariage entre personnes de même sexe reste interdit.

En réponse à l'initiative 5272, l'initiative 5278 exige en revanche que la haine basée sur l'orientation sexuelle ou le genre soit considérée comme une circonstance aggravante lors d'un homicide. Cependant, cette proposition ne fait pas encore partie des discussions officielles abordées au Congrès.

La politique et la justice ne sont pas cohérentes

Le militant des droits humains Fernando Us souligne qu'un tel va-et-vient de propositions et de lois légitime et alimente des idées discriminatoires. Les élections de 2019 au Guatemala en sont la preuve: lorsqu'une association évangélique a appelé les candidats aux élections à prendre position sur l'initiative 5272, l'un d'eux a annoncé sans hésitation qu'il soutenait l'initiative visant à criminaliser les personnes LGBTI.

La violence contre les personnes LGBTI est largement répandue en Amérique latine. Au cours des cinq dernières années, 1'300 meurtres ont été enregistrés dans la région. Cela est dû non seulement à un discours politique provocateur et à la forte influence des associations d'églises, mais aussi à l'absence de poursuites judiciaires. Par exemple, le Guatemala dispose théoriquement d'un sous-registre pour enregistrer séparément les crimes de haine. De nombreuses agressions contre les personnes LGBTI sont classées comme des actes motivés par des émotions ou comme des conflits relationnels aggravés. De plus, les autorités se concentrent sur les districts urbains, de sorte que la situation dans le pays ne soit pas suivie de forme convenable et et dans sa globalité, restant ainsi méconnue.

Toutefois, des progrès ont également été réalisés. Au Guatemala par exemple, un homme ouvertement gay a pour la première fois été élu au Congrès en 2019. De plus, les événements organisés par la communauté LGBTI mobilisent chaque fois plus de participant∙e∙s et leurs préoccupations sont de plus en plus entendues dans le système politique. Certains membres de l'église semblent également s'écarter de la ligne traditionnelle conservatrice.

En conclusion, la situation des personnes LGBTI au Guatemala reste précaire et ne se développe que lentement. Andrea González, présidente de l'organisation Otrans, souligne toutefois qu'ils ne régressent pas.

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