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Lolita Chávez : « La Mère Terre n’a pas de prix, elle doit être défendue. »

Du 28 octobre au 2 novembre, la défenseuse des droits humains guatémaltèque, Aura Lolita Chávez, s'est rendue en Suisse. Elle est la présidente du Conseil du Peuple Quiché pour la défense de la vie, la Mère Terre, la terre et le territoire (CPK). Elle représente aussi le feminismo communitario indígena, qui défend une compréhension globale de la terre, du corps, de la violence, des droits des femmes et des hommes.

Lors d'événements à Zurich et à Berne, les 30 et 31 octobre, elle a présenté son engagement contre des projets miniers et hydroélectriques de sociétés transnationales et sa compréhension de la vie, du corps et de la terre. Pour Lolita Chávez, il est clair:

"La Mère Terre n'a pas de prix, elle doit être défendue."

Tzk'at: Une vision différente de la vie

Leur engagement s’inspire de la perception indigène de la vie comme échange réciproque, entre les hommes et avec la Terre, appelé Tzk'at.

"Je suis toi et tu es moi. Je t'aide et tu m'aides. C'est ça la réciprocité."

Lolita Chávez considère qu’elle est unie et qu’elle fait partie de cette terre. Par conséquent, la lutte pour le territoire est en réalité pour la protection du style de vie de la communauté. Pour elle, cette lutte inclus aussi la défense des droits des femmes au sein de la structure sociale très patriarcale des Quiché.

L’activiste est aussi très engagée contre la guerre, les armes et la violence. Aujourd’hui, Lolita Chávez témoigne de la main mise de l’armée sur l’intérieur du pays pour protéger les intérêts des investissements transnationaux dans le secteur minier. Les conséquences de cela étant particulièrement néfastes pour les droits humains de la population autochtone.

PBI apporte son soutien pour plus de liberté

PBI soutient Lolita Chávez et son organisation depuis 2013. Pour eux, il est clair que l’accompagnement protecteur de PBI leur donne la possibilité de défendre leurs droits. La collaboration de PBI leur permet aussi de mettre leurs problématiques en lumière sur la scène internationale. En raison de son engagement, Lolita Chávez est souvent la cible de menaces. En juin de cette année, justement, elle-même et d’autres membres du CPK ont été attaqués alors qu’ils allaient dénoncer une exploitation illégale auprès des autorités.

Plus de 27'000 personnes luttent pour leurs droits

La mise en œuvre de méga-projets économiques transnationaux a beaucoup augmenté ces dernières années dans la région de Quiché. Afin de résister, les organisations autochtones et paysannes se sont unies pour défendre leurs droits. Ils demandent à être informés et consultés au sujet des projets, conformément au droit international (Convention 169 de l’OIT). Mais les sociétés transnationales ne respectent toujours pas ce droit. Les communautés ont donc décidé d’exprimer leurs opinions publiquement et de manière démocratique par leurs propres moyens : en 2010, 27'000 personnes ont voté au sujet des méga-projets. Même si Lolita Chávez n’est pas seule dans son combat, elle-même et les communautés affectées ont besoin de notre solidarité internationale !

Médias

Lolita Chávez, dirigente guatémaltèque: "Nos criminalizan, a pesar de que nuestra lucha es pacífica", Sergio Ferrari, 3.11.2017, Questión digital.

Résistance autochtone au Guatemala, Entretien avec Lolita Chávez, Michael Spahr, 8.11.2017, Radio RaBe.

Photos

Lolita Chávez défini la réciprocité Tzk’at, Zurich.
Avec Alice Froidevaux, lors d’une soirée débat à Berne.
Avec Corsin Blumenthal, ancien volontaire, à Berne.
Avec les participant-e-s de la soirée débat à Berne.

Peace Brigades International
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