En Colombie, au Guatemala, au Mexique et au Népal, de nombreuses populations indigènes souffrent de répression, de discrimination, de marginalisation ou d’expropriation. La protection de leurs droits est une problématique centrale dans les projets de PBI.
Le terme indigène ne comporte pas de définition universellement admise. La Déclaration des populations indigènes, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 13 septembre 2007, renonce à donner une définition. Toutefois certains critères émergent de cette Déclaration et d’un rapport écrit par Erika-Irene Daes, Présidente durant plusieurs années du groupe de travail de l’ONU pour les populations indigènes. Elle y mentionne notamment le peuplement de régions cibles, la conservation des particularités culturelles telles que la langue, la religion, les valeurs spirituelles ou encore l’organisation de la société, les moyens de production et les institutions.
Les populations indigènes vivent souvent dans des régions riches en ressources naturelles, ce qui engendre des conflits liés au droit à la terre et à leur exploitation. Elles peuvent ainsi se trouver opposées aux intérêts des organes étatiques, de la police, de l’armée ou des entreprises privées. Ces conflits d’intérêts conduisent souvent à la perte des terres et donc des moyens de survie des indigènes. De plus, la marginalisation sociale et l’accès limité à la formation rendent difficile la réorientation des indigènes déplacés dans un nouvel environnement. Quant au gouvernement, il ne se préoccupe que très peu de cette problématique.
La lutte pour l’autodétermination est un autre point sensible. Le droit au consentement libre, préalable et informé (FPIC), mentionné dans l’article 19 de la Déclaration des droits des peuples indigènes, en constitue un des fondements. Au Guatemala et au Mexique, bien que ce droit soit juridiquement inscrit, il n’est respecté ni par l’Etat ni par les entreprises privées.
De fortes inégalités sociales caractérisent la société mexicaine. Au cœur de celles-ci, les groupes indigènes sont particulièrement touchés par une marginalisation sociale, économique et politique. Le conflit entre les populations indigènes et les instances officielles de l’Etat demeure une réalité actuelle. La présence militaire au Chiapas, au Guerrero et en Oaxaca engendre de graves violations des droits humains auxquelles participe également la police nationale.
Dans l’Etat fédéral du Guerrero, PBI accompagne les membres du centre des droits humains TLACHINOLLAN, dont l’activité principale est la protection des droits de 17 communautés de la région de Montaña Alta. Environ 300'000 habitants, répartis dans 600 communautés, font partie de différents groupes indigènes de la région. Ils comptent parmi les plus pauvres du pays et sont fortement touchés par les violations des droits humains. Etant donné que le centre travaille sur de nombreux cas délicats, comme le viol de deux femmes indigènes par des soldats de l’armée mexicaine, TLACHINOLLAN a demandé à PBI de les accompagner. Le centre traite aussi des cas d’intimidation, de chantage, d’abus par les autorités, de torture et de déplacement forcé des peuples indigènes.
Bien que les indigènes représentent 60% de la population du Guatemala, ils souffrent de discrimination sociale et politique. Le pays est en effet marqué par des inégalités socio-économiques fortement liées à l’origine ethnique. La distribution et la légalisation des propriétés foncières sont un problème central. En outre, de grands projets d’exploitations minières et de centrales hydroélectriques prolifèrent dans les régions où vivent les populations indigènes.
Depuis peu, PBI Guatemala accompagne la Commission paysanne Chortí Nuevo Día, laquelle travaille au sein des communautés indigènes de Camotán, Jocotán, Olopa et San Juan Hermita, dans le département de Chicimula.
Chortí Nuevo Día propose des cycles de formation aux communautés indigènes sur l’économie agraire, l’écologie et le droit territorial, ceci en collaboration avec d’autres organisations locales. En 2006, la Commission paysanne s’est impliquée dans une résistance face à la construction de trois usines hydrauliques, à savoir les usines el Orégano et del Caparjá. Toutes deux devraient être édifiées aux abords du Rio Grande, dans l’arrondissement de Camotán. Las Tres Niñas SA, entreprise instigatrice de ces mégaprojets, travaille dans la production électrique et la gestion des ressources naturelles. La troisième usine hydraulique, El Puente, située à Jocotán, est gérée par l’entreprise Generación Limpia de Guatemala SA.
Après avoir effectué un travail d’information sur les projets hydrauliques, leurs effets sur l’environnement ainsi que leurs droits en tant que communautés indigènes, plusieurs membres de Chortí Nuevo Día ont été attaqués. En octobre 2009, plusieurs chefs communautaires de Camotán et de Jocotán ont même été tués.
C’est avec regret que PBI a pris connaissance de ces faits. Elle s’inquiète par ailleurs très profondément de la situation, au vu de l’augmentation de la violence dans la région.
Voir aussi: Comunautés autochtones guatémaltèques sous haute tension
Dans les autres projets internationaux de PBI, droit à la terre et droits des indigènes représentent une problématique centrale dans les conflits en cours. En Colombie, PBI accompagne la Commission interecclésiastique pour la justice et la paix (CIJP). Cette dernière offre un accompagnement à la collectivité pour l’autodétermination, la vie et la dignité (CAVIDA). Elle a été fondée en 2001 par 1500 afro-colombiens déplacés dans le bassin fluvial de Cacarica dans le but de construire une zone humanitaire sur leurs terres d’origine.
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